Les questions parlementaires

Essais couverts par l'interdiction cosmétique de 2009

Tests couverts par l'interdiction de mars 2009 de commercialiser des produits cosmétiques dont les ingrédients ont été expérimentés sur des animaux

Question écrite prioritaire P-1404/09, Parlement européen, 23 février 2009

Le résumé de l'OXA

Les citations de la réponse sont données dans notre traduction.

La députée demande à la Commission si des essais comme la sensibilisation cutanée relèvent de l'échéance de 2009 ou de 2013, et comment elle contrôle l'interdiction.

6 demandes : réponse à 3, réponse partielle à 2, aucune réponse à 1.

  1. Si la Commission reconnaît une erreur dans ses rapports et fixe à 2009 l'échéance pour la sensibilisation cutanée, les effets des UV, la photo-allergie et la cancérogénicité.

    Réponse Non : la Commission rattache ces critères à la toxicité à doses répétées, reportée à 2013 pour la mise sur le marché, et ne reconnaît une erreur que pour la toxicocinétique.

  2. Si la Commission conteste la définition de la toxicité à doses répétées donnée par le SCCP, qui exclut les effets cancérigènes.

    Réponse partielle La réponse cite un mémorandum du SCCP qui range l'essai LLNA parmi les essais à doses répétées, sans discuter la définition citée par la question.

  3. Pourquoi la toxicité pour la reproduction et la toxicocinétique figurent à part dans la dérogation, si la toxicité à doses répétées est un terme générique.

    Aucune réponse La réponse dit à quoi sert la liste des trois critères, pas pourquoi deux d'entre eux sont nommés à part.

  4. Pourquoi la sensibilisation, la phototoxicité et la cancérogénicité restent distinctes de la toxicité à doses répétées dans les autres textes et lignes directrices.

    Réponse Selon la Commission, ces textes décrivent des exigences d'essai et doivent donc nommer chaque critère.

  5. Les mesures prises pour contrôler le respect par les États membres de l'interdiction de mise sur le marché de 2004.

    Réponse Vérification des mesures de transposition, sans infraction sauf transmission tardive, et état des lieux fourni par les États pour les rapports annuels.

  6. Les mesures envisagées pour garantir le respect de l'interdiction de 2009 par les États membres.

    Réponse partielle La seule mesure est une demande d'information aux États membres ; les suites sont renvoyées à un rapport, sans contenu.

La fiche

Thèmes : cosmétiques, droit européen, contrôles et sanctions

Auteur
Caroline Lucas (Verts/ALE)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
23 février 2009
Date de la réponse
31 mars 2009
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite prioritaire P-1404/09 de Caroline Lucas, Parlement européen, 23 février 2009)

Le 7e amendement à la directive 76/768/CEE[1] exige des États membres l'interdiction, d'ici ou le 11 mars au plus tard, de tester sur des animaux des ingrédients de produits cosmétiques et de commercialiser des produits cosmétiques dont les ingrédients ont été expérimentés sur des animaux. Une disposition prévoit également une dérogation d'une durée maximale de quatre ans si les méthodes alternatives n'utilisant pas d'animaux ne devaient pas être disponibles pour trois types d'étude: "toxicité par administration répétée, toxicité pour la reproduction et la toxicocinétique."

Cependant, on a constaté que les services de la Commission avaient commencé à dresser une liste d'études portant notamment sur la sensibilisation cutanée, sur les effets toxiques des UV, sur la photo-allergie et sur la carcinogénicité dont l'échéance, prévue pour 2009[2], sera repoussée à 2013. La Commission pourrait-elle confirmer qu'une erreur a été commise dans ses rapports et que l'échéance des expérimentations animales pour les effets sur la santé humaine susmentionnés sera celle de 2009? Dans le cas contraire, si la Commission pense que ces études peuvent être considérées comme "des expérimentations sur la toxicité des doses répétées" parce qu'elles peuvent comporter plus d'une expérimentation animale, pourrait-elle, dès lors, répondre aux questions suivantes?

– La Commission conteste-t-elle la définition avancée par la CSPC que la toxicité des doses répétées présente les effets toxicologiques négatifs habituels (à l'exclusion des effets pour la reproduction, des effets génotoxiques et des effets cancérigènes) dont l'apparition résulte de doses répétées quotidiennement avec une substance, ou d'une exposition à celle-ci, pour une partie déterminée de la durée de vie attendue des espèces utilisées lors des expérimentations[3]?

– Si la "toxicité de doses répétées" devait devenir un terme générique sous la directive "Cosmétiques", pourquoi la toxicité pour la reproduction et la toxicocinétique figurent-elles séparément dans la dérogation?

– De même, pourquoi les termes "sensibilisation", "phototoxicité" ainsi que "carcinogénicité" figurent-ils toujours tous séparément de "la toxicité de doses répétées" dans (i) le document d'orientation de la CSPC, (ii) les annexes d'essais VII-X de REACH, (iii) les annexes d'essais II-III de la directive 91/414/CEE[4] concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, (iv) les statistiques de la Commission concernant l'expérimentation animale, ainsi que (v) les lignes directrices internationales et communautaires concernant les expérimentations et les documents d'orientation?

– Quelles mesures la Commission a-t-elle prises pour contrôler si les États membres respectent bel et bien l'interdiction de 2004 concernant la commercialisation de produits cosmétiques dont les ingrédients ont été expérimentés sur des animaux dans les cas où des méthodes alternatives acceptées pour les points-limites pertinents sont disponibles,

– Quelles mesures la Commission envisage-t-elle de prendre pour garantir le respect de l'interdiction de 2009 par les États membres ?

[1] JO L 262 du 27.9.1976, p. 169.

[2] http://ec.europa.eu/enterprise/cosmeetics/doc/antest/sec_2004_1210_en.pdf

[3] http://ec.europa.eu/health/ph_risk/committees/04_sccp/docs/sccp_o_03j.pdf

[4] JO L 230 du 19.8.1991, p. 1.

La réponse

(Réponse donnée par M. Verheugen, au nom de la Commission, 31 mars 2009. Traduction de l'OXA, non officielle.)

À la suite de l'adoption de la directive 2003/15/CE[1] du Parlement européen et du Conseil du 27 février 2003 modifiant la directive Cosmétiques en y introduisant les dispositions visant à l'abandon progressif de l'expérimentation animale dans le secteur cosmétique, la Commission a adopté, comme le prévoit le texte, un calendrier de cet abandon progressif, auquel la parlementaire fait référence dans sa question[2].

Ce document a été rédigé sur la base d'un rapport scientifique coordonné par l'ECVAM[3], issu d'un processus scientifique associant plus de 75 experts des différents domaines toxicologiques concernés par la directive Cosmétiques et toutes les parties prenantes concernées (industrie, associations de défense du bien-être animal, autorités de réglementation). Il indique que, pour les essais concernant la "toxicocinétique et le métabolisme"[4] et la "toxicité pour la reproduction et le développement", la date limite devrait être fixée à l'échéance prévue par la directive Cosmétiques, c'est-à-dire mars 2013. Pour les critères d'évaluation "génotoxicité" et "mutagénicité", ce document mentionnait une échéance en 2009.

Plus précisément, s'agissant des essais concernant la "toxicité à doses répétées", la Commission considère que cette mention dans la directive Cosmétiques couvre différents critères d'évaluation. En effet, le calendrier mentionnait une date limite de mars 2013 également pour la "sensibilisation cutanée", la "toxicité subaiguë et subchronique", les "effets toxiques induits par les UV, photoallergie (sensibilisation)" et la "cancérogénicité". La raison de ce "regroupement" est, comme l'indique la parlementaire, le fait que ces effets toxicologiques résultent d'une exposition répétée.

Cette interprétation est confirmée par le comité scientifique des produits de consommation (SCCP) qui, dans un mémorandum intitulé "État actuel des méthodes alternatives à l'utilisation d'animaux d'expérience dans l'évaluation de la sécurité des ingrédients cosmétiques dans l'Union européenne" ("Actual Status of Alternative Methods on the Use of Experimental Animals in the Safety Assessment of Cosmetic Ingredients in the European Union"), adopté le 19 juin 2007[5], indique, dans la partie consacrée à la "sensibilisation cutanée", qu'"étant donné qu'une réponse allergique ne survient pas après un seul contact avec une substance et qu'au moins une deuxième exposition est nécessaire, le SCCP considère que le LLNA est un 'essai de toxicité à doses répétées'".

La Commission considère qu'il n'y a pas de contradiction entre cette interprétation et les textes mentionnés par la parlementaire dans sa question. En effet, ces documents visent à décrire les exigences en matière d'essais qui doivent être satisfaites ; il est donc nécessaire que les critères d'évaluation pertinents y soient clairement décrits. En revanche, dans la directive Cosmétiques, la mention des trois critères d'évaluation avait pour but d'indiquer que, dans certains domaines, il est justifié de prolonger jusqu'en mars 2013 l'échéance de l'interdiction de mise sur le marché.

La Commission tient à souligner à nouveau qu'en tout état de cause, les essais portant sur l'un de ces critères d'évaluation ne peuvent plus être réalisés sur des animaux dans la Communauté à compter du 11 mars 2009, l'échéance de 2013 ne concernant que l'interdiction de mise sur le marché. En outre, dans le cadre de l'interdiction de mise sur le marché, les méthodes alternatives disponibles doivent être utilisées, et ce nonobstant l'échéance de 2013.

En ce qui concerne le contrôle de l'application, la Commission a vérifié les mesures nationales de transposition du 7e amendement et n'a trouvé aucun motif d'ouvrir des procédures d'infraction contre des États membres, sauf en cas de transmission tardive ; ces affaires ont été closes depuis. En outre, lorsqu'elle rédige les rapports annuels au Conseil et au Parlement sur le développement, la validation et l'acceptation juridique de méthodes pouvant être substituées à l'expérimentation animale dans le domaine des produits cosmétiques, la Commission rend compte de l'état des lieux communiqué par les États membres. Les réponses reçues dans ce cadre n'ont pas laissé soupçonner que des dispositions n'étaient pas appliquées dans les États membres. Enfin, en ce qui concerne la mise en œuvre de l'échéance de 2009, la Commission a demandé aux États membres d'exposer les mesures qu'ils prendront pour assurer la mise en œuvre de l'interdiction de mise sur le marché prévue à l'article 4 bis de la directive Cosmétiques. Le rapport fera la synthèse des réponses reçues et pourra conduire la Commission à prendre les mesures appropriées si nécessaire.

[1] Directive 2003/15/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 février 2003 modifiant la directive 76/768/CEE du Conseil concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques, JO L 66 du 11.3.2003.

[2] http://ec.europa.eu/enterprise/cosmetics/doc/antest/sec_2004_1210_en.pdf

[3] Centre européen pour la validation de méthodes alternatives.

[4] Il convient de souligner que le document mentionnait 2009, mais qu'il s'agit d'une erreur de frappe, la directive Cosmétiques prévoyant explicitement 2013 pour le critère d'évaluation de la toxicocinétique.

[5] http://ec.europa.eu/health/ph_risk/committees/04_sccp/docs/sccp_s_06.pdf

Texte original (anglais)

(Réponse donnée par M. Verheugen, au nom de la Commission, 31 mars 2009)

Following the adoption of Parliament and Council Directive 2003/15/EC[1] of 27 February 2003 amending the Cosmetics Directive by introducing the provisions aiming at phasing out animal testing in the cosmetic sector, the Commission adopted, as provided by the text, a timetable on this phasing out to which the Honourable Member is referring in her question[2].

This document was drafted on the basis of an ECVAM[3] coordinated scientific report, which was the result of a scientific process involving more than 75 experts in the different toxicological areas of concern to the Cosmetics Directive and all relevant stakeholders (industry, animal welfare groups, regulators). It mentions that for tests concerning “toxicokinetics and metabolism”[4] and “reproductive and developmental toxicity” the cut off date should be fixed as the deadline provided by the Cosmetics Directive, i.e. March 2013. Regarding “genotoxicity” and “mutagenicity” end points, this document mentioned a deadline of 2009.

Regarding more specifically the tests concerning “repeated-dose toxicity”, the Commission considers that this mention within the Cosmetics Directive covers different end points. Indeed, the timetable mentioned a cut-off date of March 2013 also for “skin sensitisation”, “subacute and subchronic toxicity”, “UV-induced toxic effects, photoallergy (sensitisation)” and “carcinogenicity”. The reason for this “grouping” is, as mentioned by the Honourable Member, the fact that toxicological effects occur as a result of repeated dosing.

This interpretation is endorsed by the Scientific Committee on Consumer Products (SCCP), which in a memorandum on “Actual Status of Alternative Methods on the Use of Experimental Animals in the Safety Assessment of Cosmetic Ingredients in the European Union” adopted on 19 June 2007[5], mentions under the section concerning “skin sensitisation” that “since an allergic response does not occur after a single contact with a substance and at least a second exposure is necessary, the SCCP considers that the LLNA is a "repeated dose toxicity test".

The Commission considers that there is no contradiction between this interpretation and the texts mentioned by the Honourable Member in her question. Indeed, these documents are aimed at describing testing requirements which must be fulfilled; therefore it is necessary that relevant end-points are clearly described. On the other hand, in the Cosmetics Directive, the aim of mentioning the three end–points was to indicate that in certain areas, it is justified to extend the deadline for the marketing ban up to March 2013.

The Commission wants to stress again that in any case, tests regarding any of these end-points cannot be performed on animals within the Community as from 11 March 2009, the deadline of 2013 concerning only the marketing ban. Furthermore, in the context of the marketing ban, if alternative methods are available, they must be used and this notwithstanding the deadline of 2013.

Regarding the enforcement the Commission checked national measures aiming at transposing the so-called 7th amendment and did not find grounds for opening of infringement procedures against Member States, except in cases of late transmission; these cases having been closed since. Furthermore, when drafting annual reports to the Council and Parliament on the Development, Validation and Legal Acceptance of Alternative Methods to Animal Tests in the Field of Cosmetics, the Commission reports the state of play provided by Member States. The answers received within this framework did not lead to the suspicion that provisions were not enforced within Member States. Lastly, regarding the implementation of the 2009 deadline, the Commission asked Member States to explain the measures they will take to ensure the implementation of the marketing ban as provided by Article 4a of the Cosmetics Directive. The report will sum up the answers received and may lead the Commission to take appropriate actions in case of necessity.

[1] Directive 2003/15/EC of the European Parliament and of the Council of 27 February 2003 amending Council Directive 76/768/EEC on the approximation of the laws of the Member States relating to cosmetic products, OJ L 66, 11.3.2003.

[2] http://ec.europa.eu/enterprise/cosmetics/doc/antest/sec_2004_1210_en.pdf

[3] European Centre for the Validation of Alternative Methods.

[4] It must be underlined that the document mentioned 2009, but it is a spelling mistake, the Cosmetics directive providing explicitly 2013 for the toxicokinetics end point.

[5] http://ec.europa.eu/health/ph_risk/committees/04_sccp/docs/sccp_s_06.pdf

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • La directive 2003/15/CE du 27 février 2003 introduit l'abandon progressif de l'expérimentation animale pour les cosmétiques ; la Commission en a adopté le calendrier, comme le texte le prévoit.
  • Le calendrier d'abandon progressif de l'expérimentation animale pour les cosmétiques repose sur un rapport coordonné par l'ECVAM, issu d'un processus associant plus de 75 experts et les parties prenantes.
  • Le calendrier d'abandon des essais cosmétiques sur animaux retient mars 2013 pour toxicocinétique, reproduction, sensibilisation cutanée, toxicité subaiguë et subchronique, effets des UV et cancérogénicité.
  • Le calendrier d'abandon de l'expérimentation animale pour les cosmétiques mentionnait une échéance en 2009 pour la génotoxicité et la mutagénicité.
  • Dans un mémorandum adopté le 19 juin 2007, le comité scientifique des produits de consommation (SCCP) considère le LLNA comme un "essai de toxicité à doses répétées".
  • Depuis le 11 mars 2009, aucun essai sur les critères d'évaluation à échéance de 2013 ne peut être fait sur des animaux dans la Communauté ; 2013 ne vaut que pour l'interdiction de mise sur le marché.
  • Dans le cadre de l'interdiction de mise sur le marché de la directive Cosmétiques, les "méthodes alternatives" disponibles doivent être utilisées, même avant l'échéance de 2013.
  • La Commission a vérifié les mesures de transposition du 7e amendement ; seules des affaires de transmission tardive ont été ouvertes, et closes depuis.
  • Les rapports annuels de la Commission au Conseil et au Parlement sur les méthodes de substitution pour les cosmétiques rendent compte de l'état des lieux communiqué par les États membres.
  • La Commission a demandé aux États membres d'exposer leurs mesures pour appliquer l'interdiction de mise sur le marché de l'article 4 bis de la directive Cosmétiques.
  • La Commission reconnaît une erreur de frappe dans son calendrier d'abandon de l'expérimentation animale pour les cosmétiques : 2009 au lieu de 2013 pour la toxicocinétique.

Le détail de l'analyse

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Les sources ouvertes ne donnent la réponse qu'en anglais. La traduction est de l'OXA et n'a rien d'officiel. L'original se déplie sous la traduction.

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.